samedi 20 janvier 2018

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CHARTE ETHIQUE DU FOOTBALL

PREAMBULE

Le Football, parce qu’il est le sport le plus pratiqué en France et le plus médiatisé, se doit d’offrir, notamment aux jeunes, une image exemplaire car le sport doit rester une fête de l’humain et de la fraternité.
RETROUVER L’ESPRIT  SPORTIF
Le sport  est  porteur  de hautes  valeurs  morales  qui  en font  un moyen d’éducation exceptionnel et un facteur irremplaçable d’épanouissement de la personne, d’intégration sociale et de promotion de l’homme.
L’esprit sportif, c’est aussi le respect des valeurs humaines qui doivent prévaloir en tout état de cause sur les enjeux de la compétition, enjeux économiques compris.
Ces valeurs  sont  :
- L’effort  :
Le sport est d’abord un engagement personnel et une volonté de dépassement de soi, et une recherche d’excellence. La discipline physique est son exigence. L’ardeur combative et la volonté de vaincre en découlent, mais ne seront vertueuses qu’alliées à la maîtrise de soi et au respect de l’autre.
- La loyauté  :
Le sport est un jeu défini par des règles, sans lesquelles il n’est pas de compétition sincère. Le respect absolu de la règle est la condition de l’égalité des chances entre les compétiteurs et peut, seul, garantir qu’à l’arrivée, le résultat se fonde uniquement sur la valeur. Le respect de la règle doit être recherché non seulement dans sa lettre, mais aussi dans son esprit : c’est la "déontologie" du sportif.
- Le respect  :
Le sport est respect des autres, comme il est respect de soi-même et de son corps.  Le joueur  qui  frappe  un adversaire  se frappe  en réalité  lui même. Le sport n’est pas la guerre et l’adversaire n’est pas l’ennemi.
Le respect mutuel est la condition pour que la compétition élève l’homme, qu’il soit  acteur  ou spectateur,  dans sa dignité,  plutôt  qu’elle  ne révèle  ses plus bas instincts.
Avoir l’esprit sportif, c’est essayer non seulement d’être un bon joueur, mais surtout un beau joueur, respectueux de la règle, de l’arbitre, de l’adversaire et des partenaires, modeste dans la victoire et sans rancœur dans la défaite.
- La fête  :
Le spectacle sportif est aussi une fête collective. La joie d’être ensemble, le  sentiment  d’appartenir  à une même collectivité,  les  émotions  partagées sont source d’une vraie jubilation. Il serait d’autant plus dommage de gâcher la fête par des comportements déplacés.
- La fraternité  :
Le sport unit les hommes dans l’effort, quelles que soient leurs origines, leur niveau social, leurs opinions ou leurs croyances. Il est école de tolérance, de solidarité, et facteur de rapprochement humain. Il est aussi, dans un monde où  les  inégalités  sont  de  plus  en  plus  criantes,  un  formidable  outil  de promotion individuelle et d’intégration sociale.
- La solidarité  :
L’esprit d’équipe est une composante essentielle de l’esprit sportif. La recherche   des  performances   individuelles  doit   parfois   s’effacer   devant l’intérêt collectif. La générosité, l’abnégation, la compréhension mutuelle, l’humilité même, sont aussi vertueuses que la volonté de vaincre. Le sport est aussi école de solidarité.

VERS UNE CHARTE ÉTHIQUE  DU FOOTBALL

Toutes les personnes participant, à un titre ou à un autre, au football, joueur débutant   ou  confirmé,   entraîneur,   arbitre,   éducateur,   dirigeant,   parent, supporter, spectateur, agent de joueurs, sponsor, journaliste spécialisé, sont dépositaires des valeurs dont il est porteur, et responsables, individuellement et collectivement, de leur défense et de leur mise en valeur. En foi  de  quoi,  chacun  sera  appelé  à  adhérer  à  la  charte  ci-après  et  à participer à sa promotion en toutes circonstances.

CHARTE

1.  RESPECTER LES RÈGLES

L’activité  sportive  implique  l’élaboration  de  lois  du  jeu  et  de  règlements sportifs ainsi que leur application.
L’égalité des chances étant l’essence même du sport, l’ensemble de ces lois et de ces règlements définit les conditions du jeu et de la performance.
Etabli  par  les  sportifs  eux-mêmes  au sein  d’une  institution  autonome,  la F.F.F., cet ensemble résulte d’une construction collective.
La règle est ainsi le reflet de l’usage de la liberté du sportif. Elle est en évolution  permanente  car  le  sport  est  création.  Elle  tient  compte  d’une morale du sport qui fait que le sport est sport, car le sport est culture à part entière.  Elle  est  faite  par  le  sportif,  pour  le  sportif,  car  le  sport  est humaniste.
Recommandations  / obligations
- Connaître les  règlements et s’y  conformer  est l’une des  tâches fondamentales de l’éducateur.
- L’enseignement  de la règle  doit  mettre  en valeur  ses raisons,  notamment pendant l’entraînement.
- Le  dirigeant  tient  un rôle  premier  dans la  codification  de  la  règle  par rapport aux besoins des pratiquants et pour la protection de leurs droits (santé,  sécurité,  équité  sportive,  intérêts...)  ainsi  que dans le  respect  de ladite règle. Il est élu pour cela.
- Les  clubs  doivent  assurer  de  façon  permanente  auprès  de  tous  leurs membres, surtout auprès des jeunes, la connaissance et l’application des règlements dans un souci aussi bien fonctionnel que pédagogique.
Comportements  répréhensibles
- Manquements aux règlements et tous contournements de l’esprit du jeu.

2.  RESPECTER L’ARBITRE

L’arbitre est le garant de l’application de la règle. Il remplit une fonction indispensable  en  l’absence  de  laquelle  il n’y  aurait  pas de  jeu.  Il  est  le directeur de jeu.Comme tout  être  humain,  il peut  commettre  des  erreurs,  tout  comme le pratiquant, erreurs d’appréciation qui doivent être admises comme des aléas du jeu. Il peut être fait appel de ses décisions, mais dans le strict respect de la procédure prévue à cet effet par les règlements.
Recommandations  / obligations
- Obligation de formation et de recyclage pour tous les arbitres.
La mise en oeuvre de ces actions doit être assurée par les responsables fédéraux de l’arbitrage, à partir des analyses de la saison et de ses incidents et dans un souci permanent de perfectionnement.
- Obligation de protection de l’arbitre contre d’éventuelles agressions.
- A  l’entraînement,  mettre  chaque pratiquant  dans la situation  de l’arbitre permet un meilleur apprentissage des règles du jeu et une meilleure compréhension du rôle de celui-ci.
- Prendre des dispositions pour  faciliter  la compréhension  de la décision de l’arbitre, y compris dans les commentaires d’après match.
- L’arbitre  sera  d’autant  mieux  respecté  que les procédures  de contrôle  de l’arbitrage fonctionneront efficacement.
Comportements  répréhensibles
- Toute  contestation  qui  ne s’exprime  pas dans le cadre  de la procédure  : protestation ostentatoire, allusions pernicieuses, fausses allégations...
- Tout manquement au devoir de réserve dans les déclarations publiques.

3.  RESPECTER SES ADVERSAIRES

La compétition est une rencontre, même si on se rencontre pour s’opposer. On se retrouve en même lieu, au même moment et on échange grâce à un langage commun : les lois du jeu.
En conséquence, l’adversaire n’est pas l’ennemi, il est le partenaire indispensable. Même si on joue contre lui, en fait on joue avec lui.
On joue pour gagner, mais on doit se rappeler que la victoire est éphémère, voire dérisoire  au regard  de la poignée  de mains,  de l’échange  des maillots,  du pot d’après-match.
Adversaires,  partenaires et officiels remplissent tous une fonction indispensable au déroulement de la compétition.
Recommandations  / obligations
- Insister  sur  le  rôle  des  capitaines,  des  entraîneurs  et  éducateurs,  des arbitres, des dirigeants et du public dans cet effort de respect mutuel.
-  Instituer   des  protocoles   de  rencontres   sportives   exprimant,   par   la courtoisie, la reconnaissance du rôle de chacun.
- Affirmer le rôle de tout officiel intervenant à l’intérieur de l’aire de jeu et qui participe à l’incitation au respect.
- Tout en exerçant librement son droit de critique, la presse doit veiller à ne pas atteindre l’homme ou le citoyen derrière l’arbitre, l’officiel, le dirigeant, l’éducateur sportif ou l’athlète.
Comportements  répréhensibles
- Toute attitude incorrecte ou de refus de courtoisie.
- Tout  manquement  d’un  officiel  à ses  fonctions,  car  son devoir  premier réside justement dans sa vigilance par rapport au respect de chacun pour les autres, sans lequel la compétition ne peut se dérouler valablement.

4.  BANNIR  LA VIOLENCE  ET LA TRICHERIE

Les activités  physiques  et  sportives  constituent  un facteur  important d’équilibre, de santé, d’épanouissement de chacun. Elles sont un élément fondamental de l’éducation, de la culture et de la vie sociale.
Les violences physiques (coups, blessures,) ou psychologiques (menaces, intimidations) mettent en danger la santé ou l’équilibre psychique et vont à l’encontre de l’épanouissement de chacun.
La tricherie introduit une rupture dans l’égalité des chances.
Violences  et  tricheries  contredisent  les buts  de l’éducation,  sont  une négation de la culture et s’opposent au développement de la vie sociale.
Recommandations  / obligations
- Tous les acteurs du sport doivent considérer comme une obligation le refus de toute forme de violence et de tricherie : organisateurs, dirigeants, éducateurs, sportifs, présentateurs ou animateurs de rencontre, sponsors ....
- Les médias doivent avoir le courage de dénoncer, s’il le faut, l’attitude d’un public  partisan   et/ou   chauvin,   incitant   à  des  actes   de   violence   ou  y conduisant.
Comportements  répréhensibles
- Le surentraînement,  les systèmes de compétition  trop  lourds  ou inadaptés sont   aussi   des  violences.   Auprès   des  jeunes,   ils  constituent   une  faute éducative grave.
- Toute  agression  verbale  ou physique,  sur  quelque personne  ou groupe  de
personnes que ce soit.
- Toute provocation, toute incitation à la violence, sous quelque forme que ce soit.
- Toute  discrimination  (par  rapport  au sexe,  aux  apparences  ou capacités physiques,  à la condition  sociale,  aux opinions religieuses et  politiques),  tout comportement raciste ou xénophobe.
- Toute manoeuvre pour obtenir un avantage en détournant ou en contournant la règle est condamnable : fausse déclaration, usage de faux, sabotage, corruption...
- Toute atteinte aux biens d’autrui et de la collectivité (vol, effraction, vandalisme, détournement de fonds, escroquerie).
- Le dopage est  systématiquement  une tricherie  et  une violence  contre  soi, dont  les conséquences physiologiques  sont  imprévisibles  à long terme.  Il  en est de même pour l’instigation au dopage qui constitue, de plus, un délit pénalement réprimé.

5.  ETRE MAÎTRE  DE SOI

Le sport  est  passion  et  émotion.  Mais cette  passion,  induisant  un dépassement de soi et une générosité, doit être contrôlée :
- par l’éducation individuelle du comportement
- par l’organisation d’un environnement participatif et clairvoyant L’émotion relève d’un imaginaire qui ne doit pas pour autant faire oublier le réel. Le sport  doit  rester  le sport,  quelles que soient  les dimensions  médiatiques  et économiques atteintes.
Le sport est recherche d’excellence. Si, parfois, le désir de victoire et l’envie de dépassement de soi peuvent inciter à des prises de risques jusqu’à la "liberté d’excès" affirmée par Pierre de Coubertin,  ni l’intégrité  physique  de l’adversaire,  ni le  respect  de son propre corps ne doivent en souffrir.
S’il est légitime d’encourager ses propres couleurs, il faut se souvenir que celles des autres sont tout autant respectables.
Recommandations  / obligations
- Affirmer  le rôle  des éducateurs  (notamment  envers  les plus jeunes)  ainsi que de tous ceux qui transmettent ou retransmettent le message sportif.
- Importance du rôle des officiels pour éviter tout débordement. Respecter les formes de compétitions adaptées aux jeunes.
- Nécessaire prise en compte de l’avis des médecins pour ce qui concerne les capacités (en fonction des âges et des niveaux et lieux de pratique.
- Les journalistes  sportifs  doivent  avoir  conscience  de  leur  influence.  Ils doivent  mesurer  leurs  propos  et  commentaires,  dans  le  respect  de  leur déontologie professionnelle.
Comportements  répréhensibles
- Tout comportement agressif, toute incitation aux débordements.
- Toute pression due à des critères autres que sportifs.

6.  ETRE LOYAL ET FAIR-PLAY

Le  respect  de  la  règle  passe  par  la  lettre  mais  aussi  par  l’esprit.  Il  est impossible de tout codifier, même si la codification est nécessaire pour sanctionner les comportements déviants. L’exercice de la loyauté et du fair-play permet  d’éviter  de  trop  codifier,  d’élaborer  trop  de  règles  qui  sont  le  plus souvent des interdits et qui, de ce fait, peuvent devenir des contraintes. L’esprit du sport n’est pas l’affaire des autres, mais de chacun.
La valeur  fondamentale  du sport  réside  dans sa sociabilité,  dans la volonté  de vivre ensemble. Cette sociabilité est construite par les sportifs eux-mêmes au sein d’une institution associative, ce qui fait que le sport est une école de citoyenneté. Ainsi ne peut-on attendre des autres que ce que l’on est prêt à donner soi-même : il n’y a pas de vie sociale sans loyauté.
Si on possède l’esprit  sportif,  on doit  en faire  preuve  en tous  lieux et  toutes circonstances.
Recommandations  / obligations
- L’introduction à l’esprit sportif doit prendre place dans tous les programmes de formation.
- Il convient, en conséquence, de récompenser les comportements relevant du fair-play.
Comportements  répréhensibles
- Toute  manoeuvre,  même si elle  n’est  pas explicitement  contre  la  règle, mettant en danger la santé, la sécurité, l’équilibre des autres.
- Tout  procédé  tendant  à  rechercher  un avantage  en  faisant  condamner indûment l’autre ou à rompre l’égalité des chances.
- Toute manoeuvre dilatoire faite pour contourner la règle.

7.  MONTRER L’EXEMPLE

Personne  n’est  obligé de faire  du sport.  On en fait  parce  qu’on le  veut  bien, parce  qu’on y éprouve  du plaisir  ou qu’on y recherche  son épanouissement.  Par cette pratique, on se réalise dans le cadre d’un idéal sportif dont on est responsable.   Il   appartient   à  chacun  d’être  le  porteur   de  cet   idéal  et   de l’exprimer  par  son  comportement,  au bénéfice  de  l’image  du  football  et  de l’image du sport en général.
La générosité  s’exprime  dans l’effort,  dans la volonté  de dépassement  de soi. Elle s’exprime aussi par rapport aux autres dans son attitude, dans son engagement.
A quoi  servirait-il  d’être  généreux  si on n’est  pas tolérant  ? Sa propre  vérité n’est  pas forcément  meilleure  que celle  de l’autre.  La liberté  s’exprime  par  la diversité.
La générosité s’exprime aussi par le désintéressement et le refus de tout cumul d’activités incompatible avec la déontologie.
Recommandations  / obligations
- Le champion  est  l’expression  de l’excellence.  Qu’il  le veuille ou non, il est l’exemple et son attitude rejaillit sur toute la pyramide sportive. Il doit donc être exemplaire.
- Les officiels, quelle que soit leur fonction, ne peuvent faire respecter cette exemplarité s’ils ne la respectent pas eux-mêmes.
- Ils  se doivent  d’être  en tous  points  exemplaires,  non seulement  au regard de l’image qu’ils donnent par leur action au sein du football, mais aussi à l’extérieur.
- Les sanctions  qui  leur  sont  appliquées  peuvent,  en conséquence, être  plus lourdes et porter sur l’interdiction d’exercer des fonctions officielles.
Comportements  répréhensibles
- Tout comportement portant atteinte à l’image du football ou à sa fonction dans la société.
- Toute intolérance.
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